Comment ça commence #1 Chapitre 4

Publié le par Imaginath

Comme à l'accoutumé, pour celles et ceux qui prendrait l'histoire en route, cliquez sur les chapitres pour en lire les contenus :

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

 

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La nuit d’Antoine fût bercée de douces illusions. Il avait rencontré Louise, il savait que la valise était en bonne place, et qu’il pourrait sans doute atteindre son objectif… Il lui restait un peu plus de 200 jours…

Cette valise jaune, il ne l’avait jamais vendue en fait. Ce dimanche de mai, il avait accompagné sa sœur sur un vide grenier, elle avait l’habitude d’y vendre les objets qu’elle n’utilisait plus, et de chiner des meubles à rénover, sa grande passion. Ce jour-là elle avait dit à Antoine :

  • Je t’emprunte ta valise jaune, je n’ai plus de place nulle part pour mettre les vieux livres de mon enfance, je m’en sépare, ils dorment dans le grenier.
  • Pas de souci sœurette, je ne l’utilise plus depuis notre retour des Vieilles Charrues.

Ils avaient donc chargé le coffre avec les objets de Bénédicte et la valise jaune pleine de livres pour enfants.

La matinée s’était déroulée dans l’ambiance festive de ces vide-greniers ou tout le monde essaie de faire des affaires avec quelques reliques de Mamy ou les fringues du dernier qui devraient ne plus servir. Bénédicte avait repéré quelques merveilles qu’elle achèterait sans doute si ses ventes le lui permettaient. Antoine, lui avait flâné quelques heures par simple curiosité, sans recherche précise mais parfois il lui arrivait de dénicher de vieilles toiles ou du matériel artistique qu’il utilisait toujours pour ses tableaux.

En début d’après-midi alors qu’Antoine était attablé au troquet devant un énorme hamburger – frites en sirotant une bière bien fraîche, Louise avait été attiré par le contenu de la valise jaune sur le stand de Bénédicte. Tous ces livres d’enfants étaient une aubaine pour elle qui allait apprendre les rudiments de la langue de Molière à des élèves qui n’avaient que quelques mots de vocabulaire dans notre langue et dont la langue maternelle, le finnois, était en tous points différente de la nôtre ! Elle avait donc demandé à Bénédicte le prix de tous ces trésors, ce à quoi, elle lui avait répondu, que pour 50 € elle pouvait emporter la trentaine de livre ainsi que la valise qui les protégeait !

Marché conclu ! Louise pensait avoir fait l’affaire du siècle, et elle pensait bien.

Antoine, toujours attablé au bistrot failli s’étrangler quand il entendit le bruit des roulettes de la valise, il la reconnaissait entre toutes car l’une des roues avait été aplatie par la chaleur  du soleil de Bretagne en juillet, elle avait donc un bruit unique qu’Antoine connaissait bien.

Cependant, il n’osa pas intervenir, ne sachant pas quelle transaction Bénédicte avait conclue. Il décida donc de suivre cette jeune femme et SA valise, espérant qu’il pourrait récupérer le document oublié.

Quand il vît que la jeune femme quittait le vide grenier pour se diriger vers la gare, il envoya un SMS à sa sœur lui expliquant qu’il avait un truc urgent à faire, qu’il reviendrait pour l’aider à remballer les invendus. Elle ne fût même pas surprise, son frère était ainsi, imprévisible, changeant d’avis comme de chemise mais tellement attachant. Elle répondit qu’elle l’attendait de pied ferme pour ranger effectivement.

Antoine s’engouffra dans le RER à la suite de Louise, elle était vraiment jolie cette jeune femme et désormais elle était propriétaire de la valise jaune !

Maisons Alfort => Gare de Lyon

Gare de Lyon => Châtelet-les Halles

Châtelet-les Halles => Métro Arts et Métiers

Il n’était pas étonné finalement que cette femme et sa valise termine leur voyage dans ce quartier du Marais qu’il connaissait bien pour y passer de belle soirée aux terrasses des cafés de la rue Beaubourg non loin du centre Pompidou son monument parisien préféré, lui l’artiste peintre à l’esprit novateur.

Il suivit Louise afin de savoir où elle vivait, ainsi peut-être aurait-il le cran de l’aborder et de lui révéler le secret de sa valise !

Louise entra le digicode d’un immeuble de la Rue des Archives puis s’engouffra derrière la lourde porte cochère. Elle avait disparue !

Antoine était déçu, ce satané feu était passé au vert juste avant qu’il n’ait le temps de traverser la rue du Temple. Il s’était donc fait distancé et n’avait pu l’approcher.

Louise, elle, était installée confortablement dans son petit deux pièces, elle avait ouvert la fenêtre pour sentir vivre son cher quartier, écouter le brouhaha des gens qui vont et viennent s’apostrophant joyeusement comme si ce quartier était un microcosme où tout le monde connaît son voisin. Cette vie-là allait lui manquer elle en était persuadée même si Mathilde lui avait promis que leur quartier d’Helsinki ressemblait en tous points à son quartier du Marais qu’elle aimait tant !

Elle ouvrit la valise jaune et y choisit un livre pour apprendre les couleurs. Elle se dit immédiatement que ce livre était parfait pour enseigner le B-A BA de sa langue natale, tout là-haut dans le nord de l’Europe où elle vivrait dans quelques semaines.

Autant laisser les livres dans la valise, elle compléterait avec ces quelques affaires et le tour serait joué, la valise jaune sera donc du voyage.

Antoine n’avait pas osé l’aborder, il avait donc taillé la bavette avec la concierge qui s’affairait dans la petite cour qui jouxtait l’entrée de l’immeuble. Il avait prétexté être à la recherche d’un appartement dans le quartier pour en savoir un peu plus sur la jolie brune qui devait être une de ses locataires. La concierge était fort bavarde et il ne mit pas longtemps à apprendre qu’un des locataires avait déjà donné son préavis et qu’un appartement serait libre à la fin du mois de juillet puisque la locataire en question s’envolait pour la Finlande. Elle lui laissa les coordonnées de l’agence immobilière et lui confia que sa locataire allait beaucoup lui manquer. Cette jeune femme était celle qui l’avait aidée dans la paperasse inhérente au décès de son pauvre mari. Antoine s’enquît de l’âge et du physique de la jeune femme. Quand elle lui fît la description de la locataire, il comprît rapidement que deux choix s’offraient à lui :

L’aborder rapidement ou prendre un billet pour la Finlande !

Louise s’endormit rapidement ce soir-là, son périple en banlieue avait été fructueux mais fatigant.

Antoine, lui, avait rejoint Bénédicte pour l’aider à remballer, comme il le lui avait promis, sans savoir s’il devait lui en vouloir ou la remercier d’avoir vendu SA valise jaune !

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Crédit Photo : Sur les toits de Paris : http://surlestoitsdeparis.com/blogs/news/17445300-ultramarine-blue

Crédit Photo : Sur les toits de Paris : http://surlestoitsdeparis.com/blogs/news/17445300-ultramarine-blue

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Sylvie Barbera 14/03/2016 14:30

CoOoL :)
Un petit flashback très agréable ! Merci !

Imaginath 14/03/2016 15:04

J'essaie de tout poser avant de dévoiler le "pot-aux-roses" ^^