Je me demande si je fais bien...

Publié le par Imaginath

Envie d'écrire mon désarroi, mon impuissance et ma tristesse en ce lundi... Et tout cela face à mon fils, ado de 17 ans, gentil et solitaire. Artiste dans l'âme et bohème dans son attitude mais du coup, peu centré sur tout ce qui s'apparente au lycée, bac, études etc.

Ce n'est pas un drame en soi, mais nous sommes devant une situation compliquée et j'ai besoin de l'écrire ici.

Pour cela je vais commencer par raconter, son passé, notre passé et son rapport avec l'école depuis son entrée au collège car avant, il était parmi les meilleurs de sa classe avec une petite moyenne de 16/20.

Mais ça c'était avant qu'il n'entre en 6ème. Alors certes le collège peut faire peur à des gamins introvertis comme le mien. C'est grand, c'est nouveau, ce n'est plus le petit cocon de l'école primaire de village que Max connaissait.

Enfin, ce n'est pas non plus insurmontable tout le monde passe par là. Par contre ce qui est devenu insurmontable c'est de se faire harceler par quelqu'un qu'il pensait être son ami. Ce gamin lui a pourri son année de 6ème par des humiliations, brimades, a mis sur son dos des bêtises qu'il n'avait pas commises. Max étant une bonne pâte, il a subi au départ sans rien dire, pensant que ce n'était qu'un jeu. Au début de janvier de cette année là, je l'ai déposé devant le collège comme d'habitude, il a ouvert la porte de la voiture et s'est écroulé, terrassé par un mal de ventre qu'il ne maîtrisait pas et il m'a dit : Maman j'en peux plus !

Je n'ai pas compris, je n'ai pas saisi la teneur de son propos, je l'ai ramené à la maison et je l'ai fait parler, parler, parler.... J'ai tout appris en quelques heures ! Ce qu'il vivait, ce qu'il endurait... Ce n'était pas physique mais psychologique. Je n'ai rien vu mais en même temps, je ne pouvais pas voir car il n'avait pas vraiment changé.

Le lendemain je suis allée voir la principale qui m'a assuré que c'était des jeux d'enfants, que le harceleur n'en avait pas le style... Je n'étais pas satisfaite de la réponse, mais je me suis rangée à son avis, en remettant Max au collège et en ayant pris soin de passer une soufflante au gamin que je connaissais depuis la maternelle, qui venait à la maison etc...

Quelques semaines d'accalmie et puis rebelote début février, je récupère mon fils un midi, blanc comme un linge, maux de tête, mal de ventre... Je le fais à nouveau parler, et j'apprends que ce petit ange harceleur a tenté de faire couler mon fils a la piscine en le tirant par les pieds et en le maintenant sous l'eau... Demi tour, scandale dans le collège, mise en danger de la vie de mon fils sous la responsabilité du prof de sport. Convocation du prof de sport qui m'assure n'avoir rien vu. Je pense qu'il dit vrai, il ne peut pas être partout je le conçois mais enfin mon fils aurait pu y rester.

Suite à cet événement, je demande le renvoi du harceleur. PAS DE PREUVE PAS DE RENVOI. C'est donc mon fils qui doit subir chaque heure les rires sarcastiques de ce petit con qui semble lui dire : tu as vu, je fais ce que je veux, je peux continuer à te cibler, je suis encore là !

Je consulte donc médecin psychologue etc... qui diagnostiquent une phobie scolaire due certainement au harcèlement et lui prescrivent un anxiolytique léger pendant 3 mois... Les vacances de février se passent, il retourne au collège mais me fait appeler souvent car ses maux de ventre sont douloureux et fréquents. On le prend pour un simulateur pour un fainéant pour un cancre ! Je sais que ce n'est pas le cas, mais je me sens totalement impuissante. Le médecin a peur pour son état de santé, et lui prescrit une dispense scolaire jusqu'au 30 juin.... Fin des cours de 6eme pour lui le 15 mars ! Suite à ça, l'AUTRE peut continuer normalement sa scolarité quand Max n'a aucun cours transmis, ni par mail, ni par les profs ni RIEN !

Autant dire que cette année de 6ème sera le début d'une longue longue descente aux enfers qui aura ruiné ses rêves de carrière de prof d'arts plastiques, qui aura ruiné aussi le peu de confiance qu'il avait en lui et fera de lui un adolescent gentil mais solitaire, qui a peur d'affronter l'extérieur, le monde tout simplement !

Fin d'année scolaire de 6ème après un rendez vous de 2 heures avec la principale j'obtiens tout juste qu'il ne soit pas dans la même classe en 5eme car bien entendu on me refuse le redoublement de 6eme sous prétexte que sa moyenne est trop haute pour redoubler... Oui évidemment avec une ou deux notes qui se battent sur le bulletin c'est sûr que ça reflète bien le niveau de mon fils.

Il entre en 5eme, est un peu largué mais s'accroche grâce cette année-là à une équipe pédagogique formidable, qui l'aide, le pousse et l'encourage. Nous, derrière faisons de même, j'achète tous les cahiers de "vacances" de 6eme pour l'aider, je bosse avec lui (même les maths que j'ai en horreur), je garde un contact permanent avec trois de ses professeurs qui m'aident moi même à lui enseigner les bonnes choses quand il n'est pas en cours. Mais ça ne dure qu'un temps car le harceleur est toujours dans les parages. Plus en classe mais il ne manque pas une occasion de le brimer au croisement d'un couloir ou au sortir d'une salle.

Année compliquée de nouveau et redoublement à nouveau refusé ! Ce n'est pas faute d'avoir tenté de nouveau le coup auprès des instances dirigeantes !

4eme, année sympa par rapport aux précédentes, il est dans une classe calme, se lie avec un petit groupe d'amis supers et gentils, et obtient quelques résultats qui lui permettent le passage en 3eme. Je respire un peu !

3eme, en dents de scie avec des hauts et des bas, il a un cours commun avec L'AUTRE et du coup se sent à nouveau mal à l'aise face à lui !

Redoublement 3eme refusé à nouveau malgré trois entretiens au collège, on ne pourra pas dire que je n'ai pas bougé !

Arrivée en seconde générale, ramassage total, notes proches du point zéro, incompréhension, lâchage, décrochage ===> ENFER SUR TERRE !

Re Maux de Ventre, Re Maux de tête, Re Passages à la vie scolaire pour m'appeler parce qu'il est malade environ 3 fois par semaine sur 5 jours de cours !

Rendez-vous avec le proviseur, on envisage d'abord un redoublement de seconde si sa moyenne atteint 8 ou 9 au second trimestre.

Raté, impossible, il lui manque trop de bases, trop de chose (souvenez-vous sa 6ème gravement écourtée) il plonge, se sent mal, se sent nullissime, se sent largué....

Retour chez le proviseur, on lui propose (en fait il n'a pas le choix) une seconde professionnelle dans un domaine qui ne lui parle pas, qu'il ne connaît pas mais ce sont les seules classes sur lesquelles le proviseur à la main pour y faire entrer quelques élèves en difficultés comme Max.

Il accepte sa réorientation en cours d'année, change de classe, se retrouve avec des gens qu'il ne connaît pas et qui sont plus là par dépit que par envie pour la plupart.... Il s'accroche à cette opportunité, il travaille, il se sent bien parmi les gens de cette classe, pas très bosseurs mais pas méchants et un peu fanfarons tout de même.

Seconde Pro bien, pas trop d'absences, de bons résultats et un passage en première... Mais je sens bien que ce n'est pas sa voie, pas son idéal... Il n'a pas choisi, il subit donc ce bac pro systèmes électroniques et numériques !

Pour sa première il faut deux stages de 4 semaines, introuvables, il n'est pas majeur, les entreprises prenant des stagiaires dans le domaine électro, électrique ou informatique ne prennent pas de mineurs à cause des assurances ou des conditions de travail qui ne conviennent pas aux mineurs. C'est le serpent qui se mord la queue ! Il veut bien faire un stage mais nous n'en trouvons pas (plus de 100 mails ou coups de fils envoyés ou passés)... Son père lui dégote un stage dans une entreprise qu'il connaît bien, il le PISTONNE (puisque, apparemment il n'y a que cela qui fonctionne) ! Son stage se passe super bien, il est content de ce qu'il fait, la boîte est contente de lui... Si l'on met de côté les 130 kilomètres quotidiens qu'il nous faut faire son père et moi pour l'emmener et aller le chercher. Et encore pour moi c'est 260 car si je l'emmène, il faut bien que je rentre à la maison ! Et inutile de préciser que chez moi en région parisienne, 60 km c'est environ 2 à 3 heures de route !

Les transports me direz-vous ? Oui oui mais d'une, je ne suis pas Rotschild et je n'ai pas d'aide donc les transports coûtent chers et de deux, il est tellement angoissé à l'idée de prendre les transports, de se faire agresser, frapper etc... que je ne l'ai même pas envisagé !

Aujourd'hui, cela fait une semaine qu'il n'est pas allé en cours (3 semaines si on ajoute les vacances)... Ou si, il y est allé lundi dernier mais on me rappelait 3/4 heure après parce qu'il était malade ! Depuis Black Out Total !

Grosse discussion ce weekend, il a enfin cracher le morceau à son père, moi je le savais déjà depuis des lustres, je le sentais venir comme un éléphant dans un champ de blé tiens !

- Ce que je fais au bahut ne m'intéresse pas ! Je n'aime pas l'électronique et puis de toutes façons je n'ai pas de stage et je n'en aurai pas d'ici le 23 mai ! Je ne veux plus aller en cours, je veux tout arrêter !

Choc, mais pas de cris, juste un choc de voir qu'il disait ce qu'il avait sur le coeur, je sais combien il a du prendre sur lui pour affronter son père, pas méchant mais un peu ours tout de même :)

Je comprends à l'instant où il dit ça que la semaine qui arrive va être rude pour moi... Déscolariser ou pas ? Un an avant sa majorité, un an à galérer s'il retourne au lycée ou un an à galérer s'il n'y retourne pas !

Je ne sais pas si nous devons le forcer à aller au lycée au risque de le détruire encore un peu plus.

Je ne sais pas si nous devons lui autoriser une "année sabbatique" et repositionner les cartes l'an prochain.

Ce que je sais c'est que le forcer ne servira à rien si ce n'est qu'à m'obliger à des allers retours incessants et inutiles.

Je suis dans le brouillard, nous sommes dans la mouise.

D'un côté je me dis que ce serait le soulager que de dire ok c'est bon on arrête tu cherches un boulot et puis tu fais ta vie .... mais quand tu auras 18 ans parce qu'à 17 personne ne t'embauchera !

D'un autre côté je me dis que s'il obtient son bac pro, il aura "au moins ça" et pourra peut être envisager une carrière militaire, il nous l'a soumis dernièrement.

Cruel dilemme d'une maman qui a essaye de faire tout ce qu'elle pouvait pour son fils mais qui se retrouve acculée, devant un échec énorme et qui culpabilise sur ce qu'elle doit ou non faire...

Certains me disent de lui mettre un coup de pied au cul pour qu'il y aille mais ils ne le connaissent pas comme moi je le connais. Je sais qu'il se rendra physiquement malade si je fais ça. D'autres me disent de le garder, que ce n'est pas une fin en soi d'avoir un bac, que d'autres arrivent à faire bouillir la marmite sans diplôme.

Je sais tout ça mais je me sens mal, incapable de discernement vis à vis de cette situation. Mon coeur me dit qu'il arrivera bien à s'en sortir avec un boulot en logistique ou dans le bâtiment, des boulots où l'expérience s'apprend sur le tas. Ma raison me dit qu'avoir son bac serait pas mal quand même pour la suite... Mais quelle suite ? Car je suis persuadée qu'il ne bossera jamais dans la branche de son bac pro subi (mais ça je ne lui ai pas dit !)

Le lycée est au courant depuis une heure j'attends de leurs nouvelles... Peut-être une solution venant d'eux ?

Merci de m'avoir lue, rien n'est réglé mais au moins, je suis soulagée d'avoir vidé ce poids sur mon coeur de maman.

6 années que j'essaie de le tenir à bout de bras, mais là je suis à bout de souffle, je garde le moral car il n'y a pas mort d'homme et je sais que nous allons surmonter ça mais là dans l'instant c'est dur de faire la part des choses...

Que se passera-t-il ensuite, l'avenir nous le dira !

Carpe Diem hein :)

Bonne journée !

Je me demande si je fais bien...

Publié dans Ma p'tite vie !

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Demarelle Nathalie 10/05/2016 18:57

Coucou, je te lis et je te comprends en tant que maman. Nous voulons toujours faire pour le mieux de nos enfants mais là je pense que ton enfant est émotif, et je vais te dire s'il perd une année de scolarité ce n'est pas grave j'ai ma fille qui a déjà perdu une année sans savoir là si elle pourra aller à la fac à la rentrée pour raison de santé donc toi seule connais bien ton enfant prend les bonnes résolutions sans prendre les avis des autres je te souhaite plein de courage ainsi qu'à Max

Christel Lollyna 09/05/2016 13:05

Ouille ! :/ Difficile situation et comme par presque toujours jamais assez écouté par l'enseignement ! comme ci nous, maman, nous ne connaissions pas nos enfants mieux qu'eux !
Bon courage, redit nous ce qu'il en resulte
Et dit toi qu'il s'en sortira c'est vrai que parfois meme c'est mieux d'apprendre sur le tas son futur metier !

Nath 09/05/2016 13:46

Merci Christel de ton message, ce n'est pas facile non, mais je crois que nous avons tout essayé, alors on va aller dans le sens d'un premier emploi et de la mission locale, au moins, ils vont lui trouver des stages en milieu professionnel plus facilement que moi. Et puis, oui il apprendra sur le tas, d'autres l'ont fait avant lui !
Merci encore
Je vous tiendrai au courant oui,
Bonne journée
Bises
Nath