J'ai lu... La Vivaldi de Serge Peker (Editions MEO)

Publié le par Nath (Les Gazouillis de Nathalie)

Bonjour,

Et oui ces dernières semaines, j'ai beaucoup lu, la douleur m'imposant la position horizontale sur des temps relativement longs, j'ai pu lire, lire et encore lire... Lire est un moyen de s'évader et pour le coup, je l'ai vérifié !

Je vous retrouve donc un roman que m'a envoyé Gérard, en pensant que cela devrait me plaire... J'ai donc reçu "La Vivaldi" de Serge Peker paru aux Editions M.E.O. dont c'est le second ouvrage.

Résumé de l'éditeur :

Placée à la maison de retraite des Arpèges, une vieille dame vit d'infimes événements, cocasses ou pathétiques, mais tous aussi intenses. Elle a laissé son nom à la porte de cet établissement et pris celui de la chambre qu'elle occupe, devenant ainsi pour tous et pour elle-même « la Vivaldi ». Au fil de multiples sensations ou de situations incongrues, elle interpelle le « tu » de sa jeunesse revisitée par fragments. Du « je » de son vécu aux Arpèges au « tu » de son enfance dans le quartier de Belleville et de la jeune fille juive réfugiée en zone libre, la Vivaldi traverse un espace-temps créé par le seul cheminement de son monologue intérieur..

Mon avis :

Si vous me suivez depuis quelques mois (ou plus) vous savez déjà que ce sujet va forcément faire écho à mon expérience personnelle puisque mon père est lui-même en maison de retraite. Il y est bien, dans un cadre génial mais évidemment tout ce que j'ai lu dans ce livre me renvoie à ce qu'il vit au quotidien, à la différence près qu'il est lui, plutôt affable et que son voisin de chambrée l'est encore plus... Remarquez, le temps passe plus vite ainsi ! Je vous parlais ici de ma dernière visite à mon père.

Pour le style d'écriture, j'ai d'abord relevé beaucoup d'humanité, on sent que l'auteur maîtrise le sujet, peut-être parce qu'il est médecin dans l'un des quartiers les plus populaires de Paris (20ème) où cette humanité doit se transmettre chaque jour. Ensuite l'écriture est rapide, précise, les événements s'enchaînent et on ne s'ennuie pas une seconde. Il y a également une belle progression amenée au lecteur sans larmoiement, de manière fluide et agréable.

On suit donc les débuts d'une vieille dame de 88 ans, qui ne parle plus, et qui se retrouve dans un univers qu'elle ne connaît pas du tout. Nous allons apprendre à connaître son univers à travers ses pensées, son ressenti, ses réflexions intérieures et découvrir sa faculté d'adaptation. Et puis tout au long du roman, il y a un va-et-vient entre son présent et son passé, toujours précis, il est aisé de ne pas se perdre, et le fil de l'histoire n'est jamais perdu. Le fait que les patients aient des noms de musiciens apportent une touche d'harmonie mais en même temps laisse penser qu'une fois dans ces institutions, le patient peut perdre un peu son identité pour se fondre dans une nouvelle communauté et devenir quelqu'un d'autre, dénué de nom de famille... Elle n'est plus elle, mais est devenue la Vivaldi... Est-ce une volonté de l'institution, un fait avéré qui rappelle que la mémoire n'est plus ce qu'elle était jusqu'à en oublier son propre nom ? 

On sait que "La Vivaldi" observe les autres patients, les visiteurs, le personnel soignant mais que pense-t-elle vraiment ? Est ce que quelqu'un s'intéresse encore à ce que pense ces personnes devenues dépendantes ou est ce qu'on leur impose notre propre vision des choses ? Beaucoup de questions me trottent dans la tête après la lecture de ce livre.

La Vivaldi a un passé où elle avait encore un nom, son nom et on voyage allégrement dans son passé de juive polonaise exilée en France pendant la seconde guerre mondiale. On ne saura pas grand chose de plus de sa vie passée, juste ces bribes d'histoire qui montre tout de même qu'elle n'a pas dû naître avec une cuillère en argent dans la bouche même si elle ne donne pas le sentiment d'avoir été malheureuse non plus.

La Vivaldi arrive à la maison de retraite et devient une observatrice rendue anonyme autant nommément que physiquement (tout juste on sait qu'elle a de profondes rides sur le visage), on lui retire ses bijoux... Pour la protéger des voleurs ? Pour lui retirer encore un plus sa personnalité ? Je n'ai pas la réponse.

Pour conclure, j'ai passé un super moment et pu entrevoir à travers ces lignes ce que pouvait peut être ressentir mon père et il est vrai que parfois il nous livre quelques détails qui résonnent, ils se demandent par exemple pourquoi l'une des pensionnaires ne quitte jamais un gros sac à main ! Il n'aura sans doute jamais la réponse. Une résonance particulière pour moi donc et un livre sur nos séniors teinté d'humour et de délicatesse que je ne peux que vous recommander.

Merci à Gérard, je crois que vous aviez bien deviné que ce livre me ferait passer un joli moment.

Vous pouvez trouver ce livre sur le site des Editions MEO ou sur Amazon (kindle aussi). Pour le format liseuse il est disponible sur le site de la Fnac (entre autres)

Bonne journée

Nathalie

 

 

Publié dans Nath'lit

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